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La bête à sept têtes

La bête à sept tètes, un conte des Charentes qui met en scène le roi des poissons, une princesse et un monstre

 

Le pécheur et le roi des poisons

Un jour, du fond de son lit, une femme dit à son mari : « Je crois que je guérirais si tu me rapportais le roi des poissons ». Celui-ci, un pécheur de l’Atlantique, partit en mer. 

Traînant ses filets inlassablement, il prit tout d’un coup un petit poisson. Aux écailles de pourpre et d’argent ! Chacune renvoyait de la lumière fascinante et prodigieuse. L’animal commença à parler : « Si tu me rends la liberté, tu prendras toute la friture que tu voudras ». Ému face à cet animal implorant, il le relâcha en mer.

Rapidement, ses filets regorgèrent. Mais il pensait à sa femme, alitée et malade.

Trois jours, il poursuivit sa pèche. Trois fois, il repris le petit poisson de pourpre et d’argent.  Trois fois, il le relâcha.

 

La prophétie

Une nouvelle fois, il le prit et lui dit d’une voix ferme : « Roi des poissons, ma femme te désire. Toi seul peux la guérir. Il faut que je t’emporte. »

Alors il lui répondit : « Soit, que ta femme me mange. Elle guérira. Mais écoute bien mon conseil. Quand je serai mangé, mets mon squelette au pied de ton pommier. Celui-ci a trois branches. Quand chacun de trois fils aura 21 ans, il partira à l’aventure avec un des trois chiens que tu possèdes et un des trois chevaux qui grandissent dans ton écurie. Lorsqu’un malheur sera arrivé à un de tes fils, une branche de ton pommier mourra. Tu seras ainsi averti. »

 

L’appel de l’aventure

L’année suivante, l’aîné partit. Une année passa encore ! Et une branche du pommier se flétrit.

Aussitôt, un second fils partit ! Et le pécheur découvrit les feuilles de la seconde branche fanées.

Alors le troisième partit à son tour. Avant son départ, une fée lui donna de la colle, dans un pot de grès comme celui pour conserver le beurre.

Il prit la même direction que ses frères et arriva devant une ville inconnue. Là, une voix lui demanda un poil de son chien et un de son cheval. Toutefois, il refusa et entra tout de même, d’un coup d’épée. Il trouva derrière la porte ainsi ouverte, ses deux frères décapités. A l’aide de sa colle magique, il les reconstitua et ceux-ci repartirent à pied vers la maison du pécheur. 

 

L’appel au combat face à la bête à sept têtes

Toutefois, Victor – c’est ainsi qu’il s’appelait- continua son chemin. Dans un hôtel, il demande pourquoi tous les gens qu’il croisait étaient tristes. On lui répondit : « Mon bon monsieur, c’est que la bête à sept têtes va manger ce soir la fille du roi« .

« La bête à sept têtes ? »

« Oui… un monstre que personne que jamais personne n’a pu approcher mais qui exige chaque année, à la Saint Michel, la plus belle fille du pays pour la manger. Cette année, c’est la fille du roi… »

Vers neuf heures, il sortit de l’hôtel vers l’orée du bois devant la ville. C’était là que la fille du roi avait été déposée, attendant son heure. Il la trouva et lui demanda de se cacher. Rapidement, du bruit se fit entendre et une bête horrible apparut : Sept gueules crachaient du feu. Derrière un arbre, Victor attendait. Et au moment opportun, il trancha deux têtes.

« Merci cavalier. J’aurais plus de force demain avec mes cinq têtes que j’en avais avec sept ».

Le lendemain, la bête revint !

La princesse la voyait, effrayée. Victor coupa alors trois têtes. 

« Merci cavalier. J’aurais plus de force demain avec mes deux têtes que j’en avais avec cinq. »

Le lendemain, la bête revint, encore plus furieuse. Les flammes brûlaient tout sur son passage. Et Victor coupa les deux têtes restantes.

 

 

Le retour de la princesse et les brigands

La princesse s’approcha alors et lui demanda de venir avec elle. Son père avait en effet promis sa main à celui qui le secourrait.

Victor refusa de l’accompagner tout de suite, lui demanda son mouchoir blanc et emporta les 7 têtes. Il dit en partant qu’il reviendrait un an plus tard devant le roi.

Toutefois, sur le chemin, la princesse croisa trois brigands qui la menacèrent. « Si vous ne racontez pas à votre père que c’est nous qui vous avons sauvez, nous vous tuons. » Effrayée, elle promit et leur emmena chez le roi, son père.

Il les installa dans son palais, en lui demandant de choisir l’un parmi eux pour l’épouser. Elle faisait attendre. A chaque fois, qu’il lui demandait de choisir, elle repoussait sa décision. Puis, un jour sur la pression paternelle, elle fixa le jour de son mariage. C’est ce jour que choisit un cavalier pour entrer en ville.

 

Les noces

Apprenant les nouvelles des noces, Victor envoya son chien en éclaireur pour renverser les tables dans la salle à manger.  Il fit ses méfaits une première fois. Incognito, il ne fut confondu. Et on du tout remonter.

Il revint une seconde fois et se fit prendre. Alors un envoyé du roi vint chercher son propriétaire. C’est ainsi que Victor fit son entrée devant le roi et la princesse. 

Une fois la situation arrangée, il fut invité à prendre part parmi les convives. 

« Ainsi, messieurs, c’est vous qui avez tuée la bête à sept têtes. Mes félicitations. ». Puis il se retourna vers la princesse et lui demanda si elle reconnaissait un certain mouchoir blanc. Il sortit alors sept langues enveloppées. La princesse raconta alors la vérité et les trois brigands furent chassés aussitôt.

Et Victor épousa la princesse et ils furent très heureux.

 

Sources bibliographiques :

  • Mathilde Mir. Vieille Choses d’Angoumois. Coquemard. Angoulème. 1947.
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