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Le bézoard

Le bézoard, un antidote fameux de la pharmacopée du XVIIe siècle, dont les origines sont de véritables mythes

 

Le bézoard ! Derrière ce terme énigmatique se cache un ingrédient que les apothicaires s’arrachèrent. Un véritable trésor ! Enfin, qui se payait comme tel.

Il était d’ailleurs aussi cher qu’il était de grosse taille. Ainsi au début du XVIIe siècle, un bézoard de la taille d’une tête d’homme pouvait valoir 6 000 Reichstaler à Hambourg.

Toutefois, frappant de constater que les origines attribuées au bézoard sont diverses. Partons à sa découverte !

 

Les caractéristiques du bézoard

Dans son Histoire générale des drogues, Pomet décrit davantage ses caractéristiques que son origine. En effet, il devait être luisant, avoir une odeur similaire à l’ambre gris. De couleur proche de l’olive, il pouvait devenir jaune dés lors qu’il était frotté sur du papier de céruse.

 

L’origine du bézoard selon les arabes

Selon un livre de Schurtz, publié à Nuremberg en 1673, les arabes obtiendraient le bézoard à partir des yeux du cerf.

En effet, en vieillissant, les cerfs se retrouvent tourmentés par les vers et autres parasites intestinaux. Aussi, afin de se soigner, ils se mettraient à manger des serpents, mangeurs de vers…

Cependant, qui dit serpent, dit venin. De ce fait, après s’être débarrassés des vers, les cerfs se mettaient en quête de se venir à bout du venin. A cet effet, ils se rendaient dans des lacs pour prendre des bains prolongés. Ainsi, ils restaient des heures dans l’eau, laissant juste la tête dépasser les flots.

L’histoire ne s’arrête pas la. En effet, ces longs bains faisaient pleurer ces vieux animaux. Si bien que les larmes coagulaient près des yeux formant des concrétions pouvant atteindre la taille d’un gland ou d’une noix. Une fois sortis de l’eau, ils allaient se frotter contre des arbustes pour se délester de ces concrétions, qui leur obstruaient la vue… Voici l’origine des bézoards.

 

L’origine du bézoard selon un explorateur en Turquie, Perse et Inde

Dans la chronique de son voyage en Turquie, Perse et Inde, Tavernier revient sur le bézoard. Selon lui, il viendrait d’une province du royaume de Golconde.

Le bézoard était trouvé à l’intérieur de la panse de chèvre, broutant des arbustes bien particuliers. En effet, le bézoard se formerait, dans la panse de l’herbivore, à partir de boutons et bouts de branches… Cette origine expliquerait les formes variées du précieux antidote.

Avant de vendre leurs animaux, les éleveurs tâtaient leur ventre pour estimer le nombre de bézoards qu’ils pouvaient contenir.

Selon Pomet, les chèvres n’étaient pas les seules à pouvoir produire du bézoard. Les vaches également, avec une efficacité supposées plus faibles et les singes, beaucoup plus rares.

 

L’origine américaine du bézoard

En Amérique, il y avait un ruminant appelé le marsupium. Au fur et à mesure de son alimentation, cet animal accumulait des herbes infectées par des crapauds, serpents, salamandres et autres petits insectes. Aussi, il devait lutter contre ces venins en mangeant de l’herbe contre poison.

Ainsi, un os dans l’arrière bouche s’imprégnait de la salive, du venin, et de l’antidote. Cet ensemble avec le temps devenait un bézoard.

 

Sources bibliographiques :

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