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Le fantôme et la borne

Le fantôme et la borne, ou le règne de la jalousie

 

Par le passé, il y avait deux bretons. Ils étaient voisins. Yvon et Claude Perrin, de Trégénest. Même s’ils étaient à proximité, leurs parcelles n’étaient pas équivalente. Yvon remplissait plus facilement ses greniers que son voisin. Si bien que Perrin, souhaita annexer la propriété de son voisin.

Il chercha d’abord une solution légale. Quelle fut sa déception lorsque les avocats qu’il avait consultés lui recommandèrent d’abandonner !

 

La promesse au démon

Il se rendit ensuite au carrefour de Landéhen retrouvé un fantôme vers minuit.

Arrivant sur les lieux, le fantôme de Landéhen lui indiqua qu’il savait pourquoi il venait. Le démon lui proposa alors de l’aider à la condition de ne jamais regretter son geste. Avec l’accord de Perrin, le fantôme lui recommanda un moyen simple : déplacer la borne qui séparait les champs, attendre que le voisin vienne récolter son bien et dénoncer la situation aux autorités.

Les choses se passèrent ainsi. Lorsque l’arrêt de justice reconnaissant la pleine propriété de l’ensemble à Perrin, la femme d’Yvon fut emportée d’une attaque. A compter de ce jour, Claude Perrin fut poursuivi par les scrupules.

 

Tentative de réparation

Claude avait un fils, Olivier. Connu pour sa générosité, il parcourait le pays pour aider. Un soir, en rentrant il avança sous une nuit sans étoile. A un carrefour, il croisa un homme étendu au pied d’un calvaire. Tandis qu’il lui donnait à boire, le pauvre homme lui demandait à manger. Il le prit avec lui.

Arrivé au niveau du fameux champ, Olivier aperçut un fantôme. Il l’entendit gémir : « Laisse moi le remettre à sa place ». Au loin, un rire sinistre lui répondait que c’était impossible et qu’il était mort

« Yvon, viens reprendre ton bien ». « Me voici » répondit le mendiant « restitue moi ce que tu m’as dérobé et je prie Dieu qu’il te fasse miséricorde ». Olivier reconnu alors dans le fantôme son père. Il donna tout son bien au mendiant et entra dans les ordres.

 

Sources bibliographiques

  • Souvestre, Emile. Le foyer breton, Les derniers bretons. 1845.

 

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