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Les furies

Les Furies chez les romains ou les Erinyes des grecs pourchassaient les coupables de délits ou crimes contre les plus anciens

 

Des divinités primordiales, qui naquirent pendant une révolte majeure

La mythologie grecque décrit la création du monde ainsi : Au commencement de tout était l’Obscurité, qui donna naissance au Chaos. Ces deux divinités primordiales s’unirent et donnèrent naissance à la Nuit, le Jour, L’Erèbe et l’Air.

L’Air, ou Ouranos s’unit à son tour à Gaia et donna naissance à la Terreur, l’Habileté, la Colère, la Dissension, les Mensonges, les Meurtres, la Vengeance, l’Intempérance, l’Altercation, le Pacte, l’Oubli, la Peur, La Fierté, le Combat, mais aussi Océanos, Métis, les Titans… et les trois Erinyes.

 

La naissance des Furies  se déroula en pleine révolte :

Les Erinyes naquirent au cours d’un combat : lorsque les Titans se révoltèrent contre leur père, Ouranos. En effet, ce dernier avait déjà du faire face à la révolte des Cyclopes, qu’il exila dans le Tartare, très loin de la terre. Aussi, Gaia, refusant cette situation, résolut d’organiser une nouvelle révolte. Elle arma Chronos et le poussa à prendre le commandement de ses frères, les Titans.

Ils profitèrent du sommeil d’Ouranos pour castrer leur père. Chronos jeta lors dans la mer les organes génitaux de son père, ainsi que la faucille qui avait permis de les couper. Toutefois, pendant la castration, des gouttes de sang tombèrent sur la terre et donnèrent naissance aux Erinyes : Alecto, Tisiphoné et Mégère. Dés lors ces créatures se mirent à la poursuite des parricides et des parjures.

 

Les Furies, des déesses pour protéger les plus anciens des insolences des plus jeunes.

Vivants dans l’Erèbe, les ténèbres, les Furies se chargeaient de venger toutes les violences que les plus jeunes pouvaient faire envers leurs aînés.

Sous les traits de vieilles femmes, elles avaient, une tête de chauve souris, et des yeux remplis de sang. Des serpents leurs servaient de cheveux. Elles utilisaient fortement leurs fouets qu’elles avaient agrémentés de clou de cuivre…

Inspirant une véritable crainte chez les grecs, ces derniers se refusaient de les désigner directement et préféraient parler des bienveillantes. Lorsqu’ils se sentaient menacées par elles, ils cherchaient à les apaiser en portant un chapelet de fleur de narcisse.

 

Oreste et les Furies

 

Oreste, héros grec était le fils d’Agamemnon, le puissant roi de Mycène.

Ce dernier prit la tête de la flotte des grec, lancée à la poursuite de Pâris, qui avait enlevé Hélène, sa belle sœur.  Cette guerre, devant Troie, dura dix ans aboutit à la destruction de la cité.

Toutefois, au tout début du conflit, la flotte n’arrivait pas à prendre la mer. En effet, les éléments étaient déchaînés et pour calmer les dieux, Agamemnon dut  sacrifier sa fille Iphigénie. Clytemnestre, sa femme lui en voulut une haine tenace et elle le tua, aidée par Egisthe, son amant, à son retour à Mycène.

 

Âgé de 10 ans lors de l’assassinat de son père, Oreste devenu adulte fut confronté à un profond dilemme. En effet, l’oracle de Delphes lui indiqua que s’il laissait le crime impuni, il serait rejeté par les dieux et la société. Toutefois, en tuant sa mère, il deviendrait aussitôt la proie des Furies.

De nombreuses années plus tard, il se présenta, en tant que voyageur lui annonçant la mort d’Oreste, devant le palais en demandant à voir le maître ou la maîtresse des lieux. Ce fut Clytemnestre qui se présenta et qui le fut entrer, tout en envoyant  chercher Egisthe. Dés qu’ils furent tous ensemble, Oreste tua les meurtriers de son père.

 

Les mycéniens  accueillirent favorablement Oreste et ne souhaitèrent pas donner sépulture à Clytemnestre et Egisthe dans la ville. Toutefois, le soir, Oreste se mit à veiller sa mère. Les Furies ne tardèrent pas à arriver et se mirent à l’attaquer fortement. Ces assaut l’épuisèrent et il dut rester allongé pendant 6 jours.

Un procès fut alors engagé et Oreste emprisonné, n’ayant pas l’autorisation de se laver ses mains, encore tachées par son acte. Ménélas dut se rendre dans la ville et accepta tout d’abord que le meurtrier subisse la lapidation, comme les coupables de matricide. Toutefois, Oreste put de nouveau pénétrer le palais, menaça Hélène, qui fut sauvée in extremis par Apollon. Il se retrancha alors dans les lieux, mais le combat avec Ménélas fut interrompu par Apollon de nouveau.

 

Pour obtenir son acquittement, Oreste du se rendre d’abord à Delphes puis à Athènes. Sur le chemin, il était sans cesse accompagné par les trois erinyes. Profitant de leur sommeil, il parvint à s’enfuir. Toutefois, elles repartirent à sa chasse, rappelées à l’ordre par l’ombre de Clytemnestre. Oreste dut continuer son exil pendant une longue année.

Dés qu’il fut arrivé à Athènes, un procès fut organisé. Apollon était son avocat tandis qu’une Erinye fut le procureur. Il fut acquitté  suite à un procès délicat où le juré était partagé. Ce fut la voix d’Athéna qui fit pencher la balance en sa faveur.

 

Les Furies devinrent les bienvaillantes

Cependant, les Erinyes ne se laissèrent pas faire : en effet, ce procès aboutissait à un changement d’une loi ancienne, antérieure aux dieux de l’Olympe par une nouvelle.

Pour les calmer, Athéna leur donna une grotte dans Athènes, où elles pourraient recevoir des autels, en contrepartie de se porter garantes pour des vents favorables sur la mer, l’abondance des récoltes.

Elles devinrent alors les bienveillantes. Un rite leur fut dédié : dans le silence et uniquement par les Hésychides. On leur donnait les trois nuits dédiés par mois, lorsque la justice athénienne consacrait ses audiences au procès de meurtrier.

 

Sources bibliographiques :

  • Graves, Robert. Les mythes grecs. Fayard 1968. Paris.
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